Trouver ses premiers investisseurs : 10 étapes clés à suivre, basées sur notre propre expérience.

1) Apporter des capitaux propres

Avant de chercher des investisseurs, il est selon moi important d’investir, dans la mesure du possible, son propre capital dans son projet. Assez pour donner une vraie chance à votre projet, mais pas trop non plus afin d’éviter de ne plus pouvoir se détacher de ce lien financier par la suite. En effet, cela pourrait devenir un facteur limitant pour votre appétit au risque. 

Investir son propre argent est aussi une grande preuve de votre engagement et de votre dévouement à votre projet. En outre, cela vous permettra de retarder votre injection de capitaux externes et d’atteindre certains milestones (par exemple : création de l’identité graphique de votre marque, lancement de votre site web ou encore on-boarding de vos premiers clients). Il s’agit ici d’une première validation de la viabilité et de la demande pour votre projet, avant de vous lancer dans une périlleuse levée de capitaux externes. 

Pour Big Sack, l’objectif était simple : vendre nos 100 premiers sacs à des clients hors de notre « cercle ». Avant cela, nous nous sommes autofinancés.

2) Structurer votre futur round

Avant de parler des types d’investisseurs, il est crucial de décider de la structure du round de financement souhaitée. Les plus courants étant : emprunt simple avec intérêt, prêt convertible (avec discount la plupart du temps) et priced round. Ces options ont toutes leurs avantages et leurs inconvénients, mais dans la plupart des cas, le prêt convertible est un bon outil. C’est justement celui que Big Sack a utilisé pour son tout premier tour, car il permet de lever des fonds sans pour autant devoir décider de la valorisation de votre entreprise. Cet outil est aussi peu onéreux, les contrats étant standardisés. Il est cependant recommandé d’avoir un support légal si possible.

3) La famille et les ami(e)s

Cette catégorie est assez particulière et demande, selon moi, une attention particulière. En effet, un important travail en amont est nécessaire afin d’identifier les amis et membres de familles qui pourraient être véritablement intéressés par votre projet et éviter ceux qui considéreraient cette aide comme une donation. Essayez aussi d’identifier les lacunes en termes de compétences de votre équipe fondatrice pour idéalement les combler avec vos « smart investors ».

Smart Money > Regular Money

Soyez professionnel et diligent. Abordez ce groupe d’individus comme n’importe quel autre type d’investisseurs. Ayez votre deck et business plan prêts, ainsi qu’une vision très claire de l’utilisation des fonds que vous souhaitez lever et le burn-rate de ceux-ci (particulièrement dans le cas d’un prêt convertible). Il est important de toujours prendre un safety net, car les choses ne se passent que très rarement comme prévu. Prenez aussi le temps d’informer le risque encouru par les individus, notamment ceux ayant peu d’expérience dans le angel investing, afin d’éviter des discussions désagréables par la suite.

4) Vos clients

En testant votre idée grâce à vos propres fonds comme suggéré plus haut, vous pouvez espérer signer vos premiers clients. Ceux-ci pourront peut-être devenir vos premiers investisseurs, que ce soit via leur entreprise ou même en tant qu'angel. Car qui est mieux placé pour comprendre la supériorité de votre produit ou service que ceux qui l’ont adopté ? Il faut chérir ces premiers clients car ils seront vos ambassadeurs s’ils se trouvent satisfaits. De plus, ils partageront ensuite votre projet à leurs entourages respectifs. Une fois investis dans votre projet, il est fort probable que ces clients deviennent encore plus actifs, ayant dorénavant un intérêt clair et précis dans votre projet.

Attention toutefois aux conflits d’intérêt potentiels selon les domaines d’activités. En effet, faire entrer au capital certains clients pourrait s’avérer être un frein à votre propre projet, notamment vis-à-vis de leurs compétiteurs avec qui vous souhaiterez peut-être travailler par la suite. 

5) Les angels 

Les angels sont une très bonne catégorie d’investisseurs pour une jeune startup. Ils amènent souvent des connaissances et de l’expérience en plus de leurs capitaux. Il ne faut cependant pas se tromper et être conscient qu’ils sont là pour chercher un retour sur leurs investissements. Étant très sollicités, il faudra que votre plan tienne la route et que votre discours soit rodé pour les aborder. Votre termsheet doit également être prête afin d’éviter de perdre le momentum en cas d'intérêt.  

Comment les trouver ? LinkedIn est un très bon outil et peut vous aider à identifier des angels actifs dans votre industrie. Il peut aussi être intéressant de regarder la captable d’entreprises concurrentes que vous pouvez parfois trouver online, notamment sur Crunchbase. Vos premiers angels peuvent aussi être une source intéressante d’advisors futurs pour votre startup. N’hésitez donc pas à en jouer dans vos négociations. Chez Big Sack, la majorité de notre prêt convertible fut constitué d’angels ayant un lien avec notre domaine d’activité.

Il existe aussi de nombreux consortiums d’angels comme SICTIC en Suisse ou Angel List à l’international.

6) VC (Venture Capitalists)

Je ne vais que peu m’attarder sur cette option, car elle n’en sera pas une pour vous dans 99% des cas à ce stade. Les VCs veulent observer un minimum de traction et voir votre capacité à lever des fonds avant de vous faire confiance avec leur propre argent. Les exceptions à cette règle : les projets à très fort IP, les second time founder(s) ayant réalisé un gros premier exit ou encore certaines industries niches comme la BioTech. N’hésitez cependant pas à tisser des liens avec ces acteurs très tôt afin d’établir une relation forte en vue de vos prochains tours. Le networking, c’est le nerf de la guerre dans la vie d’une startup.

7) Investissement d’entreprises et/ou universitaires

De nos jours, il est fréquent que des moyennes à grandes entreprises investissent dans des startups en lien avec leur(s) secteur(s) d’activité. Soit en perspective de potentielles synergies ou alors comme hedge à leur propre ligne de business. Cela peut être fait à travers un Corporate Venture (CVC) ou directement à travers leur balance sheet. 

Les avantages et risques sont assez similaires à ceux évoqués dans la partie « vos clients ». Il est cependant encore plus important ici de bien réfléchir avec qui on s’associe et de se projeter. La question à se poser est assez simple : Cette entreprise pourrait-elle un jour racheter ma startup ? Et si la réponse est oui, est-ce ce que je le veux ?

Pour ceux d’entre vous encore aux études ou pour les jeunes gradués, il existe parfois des programmes dans vos écoles ou universités qui peuvent être d’une grande aide dans les premiers instants de vie de votre entreprise.

8) Les plateformes de CrowdFunding

Il existe 2 types principaux de plateforme de CrowdFunding. A) Celles qui promettent aux investisseurs de bénéficier du produit ou service en avant-première ou à tarif préférentiel. Kickstarter est l’une des plus connues. B) Celles qui proposent de faire un vrai investissement contre des actions de votre entreprise, comme CrowdCube par exemple.

Ce type de financement peut s’avérer très pratique pour financer votre inventaire et lancer votre ligne de production avec des ressources limitées. Malgré tout, si cela était un moyen plutôt facile de lever des fonds par le passé, ces plateformes sont aujourd’hui remplies de projets qui pour la plupart n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs (ce qui peut dans certains cas, totalement annuler votre projet sur la plateforme). Il faut donc avoir un plan marketing solide pour se démarquer du reste des projets et être certain de pouvoir suivre les délais de production afin d’éviter de se retrouver avec des client(e)s frustré(e)s. 

Il est aussi clair que ce type de plateforme fonctionne principalement pour des objets, idéalement destinés au grand public. 

9) Les bourses/prêts non dilutifs publiques ou privées

Les bourses ou prêts non dilutifs sont une aubaine pour les startups. Malheureusement, il est souvent nécessaire d’avoir atteint un certain stade de développement pour pouvoir y prétendre. Il existe une multitude de bourses privées ou publiques selon les industries et il vaut donc la peine de faire des recherches afin de trouver celles pour lesquelles vous serez potentiellement éligible.

En Suisse, les plus intéressantes sont notamment dans un ordre chronologique de développement :

  1. Fond de technologie du gouvernement Suisse, pour les startups avec un impact écologique positif
  2. FIT Tech, minimum 500k de CA
  3. SEF Growth (finance notamment par l’UBS), minimum de 1mil de CA

10) Ne pas perdre espoir et ne pas hésiter à revenir aux étapes précédentes si nécessaire. L’important n’est pas la destination mais le chemin !

N’hésitez pas à compléter ce guide dans les commentaires avec vos propres conseils !

Christopher Chuffart, co-fondateur de Big Sack

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